Un artiste favori …

G: Un céramiste auprès duquel j’ai pris des cours en Californie. Il s’appelle Ed Thompson qui est mort d’un cancer, il y a quelque années (après être rentrée en France). C’était un homme parfaitement généreux qui partageait toutes ses techniques. Il n’y a pas de recoins, qu’il gardait pour lui. Il faisait des pièces soit trop grandes, soit trop petites. Il faisait beaucoup de travail sur la matière. Ses pièces étaient triées en 3D. Une approche très géométrique. Il était tellement simple. Quelqu’un d’assez connu, il était formidable! Il avait fait un workshop, sur comment rajouter du volume sur des spirales? Ce n’est pas esthétiquement ce que j’adore, mais cet homme là était admirable!

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C: As-tu des sources d’inspirations, des artistes en particuliers…

G: C’est difficile à dire. C’est sûr que j’ai des influences. En France, pas particulièrement. Il y en a deux qui me viennent à l’esprit. Une qui est plus que connue, elle s’appelle Lucie Rie. Elle a beaucoup travaillé en Angleterre. Elle était Viennoise. Elle réalisait des bols élégants, et très simples, avec des formes aériennes magnifiques.

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Puis Jennifer Lee qui est moins connue. Elle est écossaise. J’avais vu son travail dans ce fameux livre, Make Up Clay. Elle ne tourne pas ses pièces. En ce qui me concerne, je suis folle du tour! Elle faisait du colombin. Elle associait des terres différentes pour constituer des gobelets qui ont des courbes « toutes douces ». À la fin, ça donne un résultat asymétriques. Pièce en terre brut, nue. D’une élégance c’est magnifique.

J’aimerai tellement tenir une de ses pièces. Je les ai vu dans des livres mais jamais pu les voir dans la vraie vie! Effectivement j’aimerai tellement pouvoir les tenir dans les mains. Pour moi c’est indissociable…

L’enseignement

G: J’adorais enseigner. C’est un plaisir pour moi. C’était aussi indissociable du métier de chercheur. Quant on cherche, c’est aussi pour partager les connaissances. Et j’avais envie de partager tout ce que j’apprenais.

Je prends des gens en cours en hebdomadaire avec des stages le weekend. Ainsi que des stages pendant les vacances scolaires. C’est tout le temps comme ça…

C: Aujourd’hui on est dans une société qui privilégie particulièrement le travail

D’abord moi. Il faut d’abord que je me fasse plaisir. C’est vrai que j’ai cette liberté de dire non. Et ça, pour moi c’est plus précieux que quoi que ce soit d’autre. C’est ça qui m’a permis de décider pour ce boulot. Là je me retrouve complètement libre de ce que je fais.

Et d’ailleurs, je ne pourrais jamais revenir en arrière.

Sur toutes ses facettes, pour moi, c’est un métier qui est du plaisir. C’est que du bonheur. Bien sur qu’il y a des contraintes. Mais tout ça c’est que du plaisir. Je m’organise comme je veux de A à Z. C’est un métier où finalement, il y a peu de responsabilité. Je n’ai pas la vie de quelqu’un entre les mains. Si jamais je suis malade, ou je ne peux pas donner mon cours du lundi matin, ça n’a aucune importance. On est dans le loisir pur. Aucune vie est en jeu.

Pareil pour la production. Si je n’ai que la moitié des bols, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme! Donc, c’est mon envie de répondre (ou pas) aux gens mais ce n’est pas plus grave que ça. Je n’ai pas d’impact négatif en fait. On peut avoir un impact positif en faisant un objet ou en donnant des cours mais je ne vois pas trop l’impact négatif que je peux avoir avec mon boulot…

Ici on fait un objet utile et utilisable. Là, tout d’un coup on s’émerveille. J’ai un élève qui est chef d’entreprise et il s’émerveillait de faire un bol à cacahuètes. Ils y trouvent tous une satisfaction. C’est fou ! Parce que tout d’un coup on fait un objet, utile ! Ça obsède! J’ai un client très gentil, ça l’obsède tellement qu’il veut construire son propre tour chez lui! Par ailleurs, je pense qu’il ne lâchera jamais son boulot mais c’est un truc où tu mets le doigt, c’est un engrenage! Et pour tous le monde. Ça va de la marchande de glace au chef d’entreprise. Tous le monde, tout d’un coup, fait un objet utile!

Les activités manuelles à l’école

Un idée de cours pour la petite enfance !

Des cours de gentillesses en Scandinavie. Il nous faudrait des cours sur comment sont faites les choses, d’où viennent les choses? Comment c’est fait? En plus ça amènerait énormément de connaissances! Et on se rendrait mieux compte de la valeur d’un objet, son recyclage, le processus qu’il faut mettre en place pour le réaliser, et les ressources nécessaires à sa création.

Est-ce que tu as déjà enseigné aux tout petits?

À la poterie, j’avais un enfant de 6 ans. À Chatou il y a de super écoles, dont une avec la pédagogie Steiner-Waldorf, ils sont avec le même professeur pendant 7 ans. Ils apprennent les maths en faisant du tricot, ils construisent des petits ours en 3D!

J’avais un élève, Eliot, 6 ans et demi, il arrivait à se concentrer !

En cours de poterie, il faut se concentrer et il était à fond dedans. Il était petit mais il se sentait super bien ! Sinon je fais rarement des cours pour les tout petits….

Merci à Géraldine pour le temps accordé à l’occasion de cette interview. Vous pouvez retrouver la première partie de cette interview, en vidéo sur l’article suivant: ici.

Les produits de Géraldine K. sont dès lors disponibles sur la plateforme solybox.com.

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